Passer noël à Rome

Rome accueille Natale de manière plus religieuse, que commerciale. Les petits santons se préparent à pointer le bout de leur nez alors que notre indétrônable sapin vert ne côtoiera pas forcément la cheminée. Dans les rues, peu d‘illumination d’ailleurs, font place les zampognari (joueurs de flûte traditionnelle), qui chaque année descendent des montagnes des Abruzzes et de la Ciociarie*.

L’énorme festin natalizio sera de rigueur, et oui, nous sommes en Italie !

Anguilles marinées, mollusques, crustacés vous seront servis. Et puis, pour finir le célèbre Panettone qui est passé depuis longtemps au-delà des Alpes.  Mais connaissez-vous ses variations au chocolat, sans fruits confits, etc ? Vous en trouvez au célèbre centre commercial prônant la gastronomie italienne,  EATALY**. Si vous voulez jouer aux Polentoni***, vous pourrez opter pour le Pandoro, gâteau de Noël véronais.

Pour les enfants, ne manquez pas le marché de noël de Piazza Navona qui regorge de jouets et d’objets artisanaux.  Outre les figurines chrétiennes, les enfants seront surpris de se trouver nez à nez avec…une sorcière, la Befana, qui amène traditionnellement à l’épiphanie des cadeaux aux enfants sages et du charbon ( aujourd’hui sous forme de bonbons !) à ceux qui ne le sont pas…

Le presepio (crèche) monumental avec des statues de plus de trois mètres, réalisées en 1846 sur la place Saint Pierre est toujours au rendez-vous. A partir du 7 décembre sera en place une crèche de 25 m2, faite de sable des Dolomites, donnée au pape François.

À côté duquel, s’élève un sapin de Noël donné tous les ans par une région différente. Cette année, c’est un épicéa donné cette année par la région Frioul-Vénétie julienne.

Je vous conseille la messe de noël à la splendide basilique Santa Maria in Trastevere, chère aux romains.

Vous verrez bien d’autres lors de l’exposition « les 100 crèches » à l’ église Sainte Marie du Peuple, cependant, il faudrait aller à Naples, contrée ancestrale des presepi, pour admirer les plus belles réalisations.

Musée privé Angelo Stefanucci de la crèche. Ouvert les mercredis et samedis, de 17h à 19h30. Via Tor de’ Conti, 23 et 31/A. Plus d’informations sur : Rome1.com

La Ciociarie*  soit« terre des ciociàri », vient du nom des chaussures traditionnelles connues sous le nom de ciocia. C’est une région du Latium évoquée dans le film de De Sica, La Paysanne aux pieds nus, pour lequel Sophia Loren, reçu l’Oscar en 1961.

EATALY** http://www.roma.eataly.it/(métro Piramide)

Polentoni***  en référence à la polenta servie à Milan, les gens du sud sont en revanche, les terroni.

Les biscuits romains de noël «I Mostaccioli »

«I Mostaccioli » C’est la version la plus simple, mais ils peuvent être glacés au chocolat ou avec des amandes et des écorces d’orange…

Ingrédients pour la préparation

60 g de farine

100 g de noisettes ou noix décortiquées

100 g de miel

2 blancs d’œufs

cannelle

poivre

Préparation

Prenez un récipient dans lequel vous pétrirez la farine avec le miel, les blancs d’œuf, les noix ou les noisettes, le poivre et la cannelle.

Coupez- les en bandes, puis en forme de losange et mettez-les sur la plaque du four beurrée ( anti Mostaccioliadhérente si possible).

Travaillez la pâte jusqu’à ce qu’elle soit bien  homogène, puis étendez-la sur un plan de travail. Faites cuire les mostaccioli au moins 20 minutes à 180°C.

Rappelez-vous de les retirer de la plaque,  uniquement lorsqu’ils seront complètement refroidis.

Buon appetito !

Le nouvel an à fêter à l’italienne

Le capodanno remonte à la fête du dieu romain Janus (d’où l’étymologie du mois de janvier), on avait déjà pour coutume de fêter le passage pour le nouvel an. Au VIIe siècle, ce culte étant païen fut déploré par Saint Eloi ; la Saint Sylvestre reste aujourd’hui pour les italiens, la fête de ce pape sanctifié du IV e s. qui instaura la tolérance du christianisme au sein de l’Empire romain.

La tradition profane de cette fameuse nuit de la Saint Sylvestre est de porter des sous-vêtements rouges comme porte-bonheur.

Dans les rues du centre historique : 1000 artistes du monde entier entre art, concerts de rue, cinéma à partir le 31 décembre à 21h30 au départ de Circo Massimo (artiste La Fura dels Baus et dj di Rds Roma)

500 artistes sur les ponts de Rome : Pont della Musica, Pont della Scienza, pont Sisto, pont Vittorio Emanuele et pont Garibaldi, avec le dernier concert sur le pont Sant’Angelo avec l’orchestre de Piazza Vittorio (l’ensemble multi-ethnique de Rome).

Pour les discothèques : Gilda via mario de’ fiori 97 b (quartier place d’Espagne), Spazio Novecento piazza Guglielmo Marconi, 26b (quartier EUR), Ex dogana viale dello Scalo S. Lorenzo, 10 (underground).

Le 31 décembre, à partir de 14h, des sportifs participent à la course « We run Rome ». Les 10 kilomètres les plus célèbres d’Italie ont réuni 10 000 runers dans les rues du centre historique. L’événement a du succès car ils sont un peu plus nombreux chaque année.

Nouvel an original :  aux thermes avec vue sur mer ! Victoria Spa Lungomare Paolo Toscanelli, 195 +39 06 8676 0394 A partir 20h45 entrée SPA + diner

Pour passer le nouvel an avec les enfants, animations aux :

Chalet Squisito (quartier EUR) via Fiume Bianco, 26. +39 06 520 3043

Al Rainbow Magicland via della Pace, Valmontone (45 minutes de Rome) Navette partant de la gare Termini à 9h30 Magic land.

Cinecittà World via di Castel Romano, 200. Navettes à partir de l’arrêt métro, ligne B, arrêt Fermi (EUR) ou du Vatican. Autres navettes depuis les gares Ostiense, Santa Palomba ou Termini.

Les feux d’artifice ne manqueront pas,  les romains en sont très friands, on les entend constamment durant l’année pour fêter un diplôme, un baptême… Vous pourrez grimper sur le mont Janicule, sur la butte qui surplombe le Colisée (au-dessus du métro Colosseo)  pour les admirer. Les fêtards se retrouvent en général place du Peuple, mais attention aux pétards  qui fusent de tous côtés ! Heureusement, vous n’aurez plus l’occasion de voir jeter des balcons, des vieilles machines à laver, des plats…. comme on faisait encore dans les années 70.

Envie d’Opéra ?  Les plus beaux airs d’Opéra avec chanteurs de l’orchestre philharmonique de Rome en costumes du XVIIIe siècle. Au programme entre autres G. Donizetti, G. Rossini, G. Verdi, G. Puccini…..Chiesa Anglicana All Saints – via del Babuino,153. Pour réserver : tel. 06.85301758 ou par email: service@romeguide.

L’eau, le trésor de la ville éternelle

Le souvenir des 19 aqueducs de l’antiquité reste la fierté des romains, qui considèrent leur eau comme un trésor, et qui selon eux, doit  rester un bien public.

I NASONI

Depuis 1872, Rome commence à être truffée de points d’eau, surnommés nasoni, qui signifie gros nez à cause de leur forme. Un réseau de 5600 kms, avec 2500 nasoni dans toute la ville, et pas moins de 286 dans le centre historique, ouvrez l’œil !  Via della cordonata, on a encore la chance d’en voir un avec trois tuyaux en forme de dragon…

Aucun risque, l’eau de Rome est parmi les meilleures d’Italie. Riche en calcium, pauvre en sodium et nitrate.

Observez, vous verrez comment boire à la romaine !
On bouche là où l’eau s’écoule, ainsi elle sera propulsée par le trou placé sur le haut du « nez », attention au jet quand il y a de la pression par le trou supérieur !

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nasone Nasoni de Rome

Vous les trouverez dans la ville selon ce plan :

Mappa_dei_Nasoni

Rome compte  500 fontaines artistiques (fontaine de Trevi, par ex.) qui certaines fonctionnent encore avec les mêmes tracés de canalisation que les anciens aqueducs. Attention en revanche,  depuis 2004, elles sont en circuit fermé ! Ne vous hasardez pas à plonger dedans, ne serait-ce que vos petons, il y a une lourde amende à la clé !

AQUA SANTA /EGERIA

Aqua Santa Egeria (6)Les romains y viennent remplir gratuitement leurs bouteilles.

Aqua Santa Egeria (2)
Si vous vous promenez sur l’appia antica, je vous conseille d’aller gouter  l’eau de source Egeria appelée aqua santa (eau sainte). Tout cela lié à une belle histoire…
Selon la mythologie romaine, le second roi légendaire , Numa Pompilius rencontrait régulièrement la nymphe des sources, Égérie. Elle le conseillait sur sa politique en se servant des eaux de manière divinatoire. Après la mort de Numa, Égérie, inconsolable, fut transformé en source par Diane dont elle avait interrompu le culte par ses lamentations.

La saint Joseph, le 19 mars

Au sein du quartier romain, Trionfale, la Basilique Saint Joseph est un lieu de festivité du saint patron des familles, des artisans et des travailleurs. Joseph le juste, père nourricier de Jésus, est devenu également patron des affaires matérielles. Des catholiques confient à sa prière une recherche d’emploi, rencontrer le bon époux, la vente de leur maison…

La première trace de cette fête nous ait relatés par des moines bénédictins vers 1030. Cependant c’est à partir du XIIIe siècle que l’époux de la Vierge sort de l’ombre, en lien avec une plus forte humanisation du Christ et des représentations de plus en plus nombreuses de la Nativité.

Beignets de la Saint Joseph

En 1621 le pape Grégoire XV éleva cette célébration au rang de fête d’obligation le 19 mars. A notre époque, ce saint a encore une place importante ; Jean-Paul II a souhaité qu’il soit patron du troisième millénaire et le patron de la nouvelle évangélisation.

Les bignè di San Giuseppe qui trônent dans les vitrines des pâtisseries de Rome rappelleraient selon les croyances populaires, le fait que Joseph après la fuite en Egypte, soit devenu vendeur de beignets frits ! Pour les goûter, Biscotteria Innocenti via della luce, 21 (Trastevere).

Une curiosité : la distinction entre les anciens états pontificaux et le règne de Naples est encore palpable aujourd’hui, pour cette fête vous trouverez ces bignè à Rome, tandis qu’en Campanie ou en Sicile la population se délecte de zeppole, pâtisseries de farine, riz, miel d’oranger et de sucre glace parfumé de cannelle.